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L’éducation est l’ensemble des moyens permettant le développement des facultés physiques, morales et intellectuelles d’un être humain. Par extension, l’éducation désigne également les moyens mis en place pour permettre ces apprentissages.

Selon la convention des droits de l’enfant, l’éducation est un droit garanti par les états, et doit pouvoir favoriser l’épanouissement de la personnalité de l’enfant et le développement de ses dons et des ses aptitudes mentales et physiques, dans toute la mesure de leurs potentialités, inculquer à l’enfant le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales, inculquer à l’enfant le respect de ses parents, de son identité, de sa langue et de ses valeurs culturelles, ainsi que le respect des valeurs nationales du pays dans lequel il vit, du pays duquel il peut être originaire et des civilisations différentes de la sienne, préparer l’enfant à assumer les responsabilités de la vie dans une société libre, dans un esprit de compréhension, de paix, de tolérance, d’égalité entre les sexes et d’amitié entre tous les peuples et groupes ethniques, nationaux et religieux, et avec les personnes d’origine autochtone, inculquer à l’enfant le respect du milieu naturel.

L’éducation ne se limite pas aux purs savoirs et savoir-faire. Elle vise également à assurer à chaque individu le développement de toutes ses capacités (physiques, intellectuelles et morales). Ainsi, cette éducation lui permettra d’affronter sa vie personnelle, de la gérer en étant un citoyen responsable dans la société dans laquelle il évolue, capable de réfléchir pour pouvoir éventuellement construire une nouvelle société.

Le concept d’éducation non formelle est né du constat que l’école n’était, et loin s’en faut, pas l’unique lieu d’éducation. C’est ainsi que la première source d’éducation reste la famille et l’entourage, avec tous les enjeux de « reproduction sociale » que cela implique.

En France, Bourdieu et Passeron ont soutenu que le système scolaire reproduit le système social grâce à une culture scolaire insuffisante et à une culture libre que les familles les plus aisées transmettent à leurs enfants pour qu’ils accèdent en haut de l’échelle sociale. En outre, à côté de ses missions d’éducation et d’instruction, le système éducatif est contesté pour opérer, par construction, une sélection (orientation vers des métiers, ou vers de hautes carrières administratives) : l’élève reçoit une instruction gratuite, mais il payerait cette gratuité en étant transformé en un produit relativement passif du « système (de production) scolaire ». L’école exige de l’élève qu’il s’intègre à l’institution scolaire, à travers la maîtrise d’un certain nombre de connaissances de base dont l’ensemble n’est pas toujours formalisé. D’autre part elle ne peut transmettre qu’un corpus rationalisé et fait l’impasse sur une grande partie du fond commun culturel (le « bon sens », les tabous, la communication non verbale, etc.). Enfin, malgré les progrès de la formation continue, elle ne dure qu’un temps relativement bref dans la vie d’un individu.

Pour toutes ces raisons, il apparaît utile à certains d’élargir la réflexion sur l’éducation, sans la réduire au cadre scolaire. Ainsi, l’éducation non formelle, qui apporte des compétences spécifiques à l’individu et que celui-ci ne peut acquérir (Tiehi, 1995) dans le cadre de l’éducation formelle, est notamment délivrée au sein des organisations de jeunesse.

Malgré tout cela, l’éducation a permis, historiquement, en France, a une grande partie des classes défavorisées d’accéder à un statut de classe moyenne. Pour certains, son orientation actuelle vers une professionnalisation précoce d’une partie de la jeunesse serait contradictoire avec sa finalité de culture générale des élèves pour leur épanouissement dans la société en tant que citoyen. Pour d’autres, elle peut faciliter au contraire cette intégration dans la vie sociale et professionnelle, objectif tout aussi essentiel de l’éducation.

Systèmes éducatifs

Les systèmes éducatifs sont très variables dans l’espace et dans le temps, l’éducation étant parfois plus adaptée aux exigences socio-économiques des adultes (besoin de la main d’œuvre enfantine, travail des adultes et tout particulièrement des femmes, etc.) qu’aux besoins des enfants. Cependant, on distingue des formules à peu près généralisées :

1. l’éducation se concentre sur les enfants et ne concerne que marginalement les adultes.

2. pendant la petite enfance, l’éducation est prise en charge par la famille, où se fait l’apprentissage de la langue orale et des rudiments du savoir-vivre nécessaire à la vie sociale.

3. pendant l’enfance (à partir d’environ 7 ans jusqu’à la puberté), prise en charge collective (au moins partiellement), pour l’apprentissage de rudiments légaux, religieux et culturels (dont, éventuellement, la langue écrite).

4. pendant l’adolescence, spécialisation, par l’apprentissage chez un maître ou (non exclusif) collectivement.

L’éducation est un droit de l’homme. L’éducation est un catalyseur du développement humain.

L’éducation permet à chacun d’acquérir les outils et les connaissances nécessaires pour comprendre le monde d’aujourd’hui et y participer. Elle contribue à entretenir les valeurs indispensables au bien-être individuel et collectif. Elle est à la base de l’apprentissage tout au long de la vie. Elle crée la confiance et fournit les compétences nécessaires pour participer au débat public. L’éducation rend plus autonome et plus conscient de ses droits et de ses possibilités.

L’éducation améliore la qualité de la vie.

L’éducation renforce la capacité des familles à gérer les problèmes de santé, à améliorer l’alimentation et les soins des enfants et à prévoir l’avenir.

L’éducation de base permet aux filles et aux femmes de mieux maîtriser les soins élémentaires de santé, l’alimentation et la planification familiale, ainsi que leurs potentialités personnelles. Les femmes éduquées se marient plus tard, ont moins d’enfants et ont un meilleur accès aux soins prénataux. L’éducation favorise le développement économique…

L’éducation est un facteur essentiel de développement économique et de réduction de la pauvreté. Elle permet d’être plus productif, de participer pleinement à la vie économique et d’améliorer ses revenus. … et favorise aussi la stabilité politique et la démocratie.

L’éducation apprend aux individus à se comporter en citoyens responsables et informés, et à faire entendre leur voix sur la scène politique et au sein de la société, conditions essentielles au maintien de la démocratie. Elle apporte aussi les connaissances et la prise de conscience nécessaires pour promouvoir la tolérance et la compréhension entre les peuples.

Au Bangladesh, les femmes ayant un niveau d’éducation secondaire ont trois fois plus de chances de se rendre à une réunion politique que les femmes qui n’ont pas été à l’école.

Aujourd’hui plus de 100 millions d’enfants sont interdits d’école, et donc dans l’incapacité d’améliorer leur sort. Habitants des pays les plus démunis du monde en développement, souffrant de pauvreté chronique, ils sont victimes de multiples violations des droits de l’homme et accumulent les handicaps.

Ces enfants auxquels on refuse aujourd’hui l’école grossiront demain les rangs des adultes analphabètes. Parce qu’ils sont pauvres, ils ne disposent pas des moyens financiers ou du temps nécessaires pour fréquenter l’école, et doivent souvent soutenir leur famille et travailler. Ils n’ont pas conscience du mieux-être que l’éducation pourrait leur apporter. Un milliard d’hommes dans le monde vivent dans un état de pauvreté absolue, avec moins d’un dollar EU par jour. Quelque 250 millions d’enfants de 5 à 17 ans dans le monde travaillent, soit un enfant sur six. Chaque année, les filles sont au moins 9 millions de plus que les garçons à renoncer aux études. Car même lorsqu’elles fréquentent l’école, elles sont les premières à la quitter pour participer aux tâches ménagères ou s’occuper des frères et sœurs ou de parents malades. Lorsque les ressources de la famille sont insuffisantes, les filles sont souvent les premières à être privées du nécessaire nourriture, médicaments, mais aussi éducation. Bien souvent aussi, elles sont contraintes d’abandonner l’école par un mariage ou une grossesse précoces. Pris dans la spirale de la guerre et des conflits, certains enfants ne sont pas scolarisés parce qu’ils sont orphelins, réfugiés, déplacés, handicapés ou traumatisés. La majorité des 25 millions de déplacés dans le monde sont des femmes et des enfants, et on estime que la moitié des 104 millions d’enfants non scolarisés vivent dans des pays en situation de conflit ou de postconflit.

80 % environ des guerres déchirent l’Afrique et l’Asie. Pour chaque enfant tué dans un conflit armé, trois sont blessés ou handicapés à vie, et plus de 10 millions d’enfants souffrent des conséquences psychologiques d’un conflit armé On estime à 40 millions le nombre des enfants non scolarisés souffrant d’une forme de handicap. Un chiffre susceptible de s’accroître avec la pauvreté, les conflits armés, le travail des enfants, la violence et le VIH/sida. Les enfants vivant dans des conditions de pauvreté chronique sont souvent mal nourris et en mauvaise santé, et n’ont pas accès aux soins nécessaires. Il y aurait 120 à 150 millions d’enfants de moins de 18 ans handicapés dans le monde, et plus de 90 % des enfants handicapés des pays en développement ne seraient pas scolarisés. Premières victimes d’exclusion, les enfants des rues sont souvent oubliés des autorités responsables de leur éducation et de leur socialisation, et objet de mépris de l’ensemble de la société.

Nombreux sont ceux – individus, communautés ou organisations internationales – qui cherchent les moyens d’améliorer l’accès à l’éducation.

La variété des projets mis en œuvre montre que l’innovation et la réforme éducatives sont en marche dans les pays en développement et que même les plus pauvres sont capables d’élaborer des programmes adaptés à leurs moyens, à leurs besoins et à leurs aspirations.